UNESCO World Heritage site Seongsan Ilchulbong

Île de Jeju : un week-end sur l’île émeraude de Corée

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Jeju est la plus grande île de Corée du Sud et la destination de vacances préférée des Coréens. Cette île volcanique du sud se trouve à environ une heure de vol de Séoul. J’y ai passé un long week-end avec mon partenaire coréen, et même ce court vol suffit pour atterrir dans un endroit très différent du continent : le rythme y est plus lent, la mer et le vent façonnent le paysage, et l’île a son propre dialecte et ses traditions.

Les habitants l’appellent Samdado, l’île des trois abondances : le vent, la pierre et les femmes. Ces trois éléments sont partout ici, des murets de pierre et des sommets volcaniques aux célèbres plongeuses haenyeo. Dans ce guide, je te raconte comment aller à Jeju, que voir et manger, et comment se déplacer, en me basant sur ce qui a vraiment marché pendant notre séjour.


Jeju en bref

  • Où : une île volcanique au large de la côte sud de la Corée du Sud, à environ une heure de vol de Séoul
  • Comment y aller : des vols intérieurs fréquents et bon marché, sur l’une des liaisons aériennes les plus fréquentées au monde
  • Durée du séjour : 3 à 4 jours pour les incontournables, une semaine pour explorer davantage
  • Meilleure période : le printemps et l’automne, quand le temps est le plus agréable
  • À découvrir : paysages volcaniques, plages, plongeuses haenyeo, porc noir et mandarines
  • Se déplacer : la voiture de location est le plus simple ; le bus est une option, mais il faut bien s’organiser.

Le cœur culturel : les esprits de Jeju

Le vent (Pungda)

La situation de Jeju, dans la mer de Chine orientale, en fait un véritable « couloir à vent ». Pour les habitants, le vent n’était pas qu’une question de météo : c’était une force avec laquelle il fallait composer.

  • L’influence culturelle : c’est à cause de ces vents abondants que les maisons traditionnelles de Jeju ont des toits bas en chaume, maintenus par d’épaisses cordes disposées en quadrillage.
  • Le rituel : autrefois, les insulaires célébraient des rituels en l’honneur de la grand-mère Yeongdeung, déesse du vent, qui viendrait à Jeju chaque mois de février pour semer les graines des récoltes de la mer et de la terre.
  • Aujourd’hui : cette « abondance » est mise à profit pour favoriser le développement durable, faisant de Jeju un leader de l’énergie éolienne en Corée.

La pierre (Seokda)

Jeju est une île volcanique formée par les éruptions du mont Halla. Comme me l’a expliqué ma copine pendant notre balade, les « pierres » sont les os de l’île.

  • Les murs de batdam : tu verras des murs de pierre noire (batdam) à perte de vue, qui quadrillent les champs. Construits à la main au fil des siècles, ils empêchent les vents violents d’emporter la couche arable. Ensemble, ils s’étendent sur plus de 36 000 kilomètres, soit assez pour faire le tour d’une bonne partie du globe.
  • Les gardiens : c’est aussi l’origine des Dol Hareubang (pierres grand-pères), sculptés dans du basalte poreux pour protéger des mauvais esprits.

Femmes (Yeoda)

Historiquement, Jeju était souvent surnommée « l’île des femmes ». Non pas qu’il n’y ait pas eu d’hommes, mais ils partaient souvent en mer pendant des mois ou disparaissaient dans les tempêtes fréquentes.

Reconnaissance de l’UNESCO : la culture des haenyeo de Jeju a été officiellement inscrite en 2016 sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Les voir à Seogwipo-si, ce n’est pas seulement une attraction touristique : c’est assister à une stratégie de survie vieille de mille ans.

Le socle matriarcal : cette situation a donné naissance à une société semi-matriarcale unique, où les femmes sont devenues les principales sources de revenus du foyer. Les haenyeo (plongeuses) sont le symbole ultime de cette résilience.

Les haenyeo (patrimoine culturel de l’UNESCO)

À Seogwipo-si, nous avons découvert le symbole le plus emblématique de la culture de Jeju : les haenyeo. Ces « femmes de la mer » plongent en apnée jusqu’à 10 mètres de profondeur, sans bouteille, pour récolter des ormeaux et des conques.

  • Le changement culturel : autrefois, Jeju était une société matriarcale, car les hommes disparaissaient souvent en mer. Ces femmes sont devenues les principales sources de revenus et les cheffes de leur famille.
  • Le sifflement : si tu tends l’oreille sur le rivage, tu entendras un sifflement aigu appelé sumbisori. C’est le son que font les plongeuses en expirant lorsqu’elles remontent à la surface. C’est à la fois envoûtant et magnifique.

Les pierres protectrices (Dol Hareubang)

A row of several Dol Hareubang (stone grandfather) statues of varying sizes carved from black basalt volcanic rock, standing guard in a traditional Jeju park.
Tu trouveras ces « grands-pères de pierre » partout. Si 47 statues originales, datant d’avant l’époque moderne, sont protégées au titre du patrimoine, des milliers de répliques veillent désormais sur Jeju, symboles des traditions chamaniques profondément ancrées de l’île et de leur rôle protecteur.

Partout où nous sommes allés, nous avons croisé ces « grands-pères de pierre », des statues en forme de champignon sculptées dans la roche volcanique. Gardiens de l’île, elles sont censées éloigner le mal et protéger les habitants. Tu les trouveras à l’entrée de toutes sortes de lieux, des parcs aux sources chaudes.


Jeju-si : entre traditions et saveurs modernes

La plupart des voyageurs ne voient Jeju-si que comme une porte d’entrée sur l’île — celle de l’aéroport —, mais y passer un peu de temps est le meilleur moyen de découvrir le quotidien de ses habitants. La ville mêle marchés animés, néons et histoire profondément enracinée.

Rue Heuk-dwaeji (rue du porc noir)

Tu ne peux pas visiter Jeju sans goûter au porc noir. Cette race de porc, originaire de l’île, est réputée pour sa saveur riche et fumée et sa texture ferme.

  • L’expérience : près du front de mer de Tapdong, toute cette rue est bordée de restaurants spécialisés dans le barbecue.
  • Le détail « noir » : ne t’inquiète pas si tu aperçois quelques poils noirs sur la peau de la viande : c’est le signe qu’il s’agit bien de la race authentique de Jeju !
  • L’accord : traditionnellement, le porc est servi avec du mel-jeot (une sauce aux anchois salés), que tu fais bouillir sur le gril à côté de la viande. Cette touche salée et savoureuse, c’est toute l’expérience du barbecue à Jeju.

Marché traditionnel de Dongmun

Pour découvrir un peu la culture locale, direction Dongmun. C’est le plus ancien et le plus grand marché permanent de l’île.

  • À ne pas manquer : le rayon des produits de la mer. Tu y verras des poissons exotiques et les mêmes ormeaux que les haenyeo pêchaient en plongée dans le sud.
  • À acheter absolument : les hallabong (mandarines de Jeju). Elles sont incroyablement sucrées et parfaites pour patienter en attendant le prochain bus.

Yongduam (le rocher de la Tête-de-Dragon)

À quelques minutes à pied du centre-ville se trouve Yongduam. La légende raconte qu’un dragon a volé une perle de jade au mont Halla et que l’esprit de la montagne l’a changé en pierre avant qu’il puisse s’échapper.

  • Petit conseil : c’est une excellente première ou dernière étape, car le site est tout près de l’aéroport. Tu peux voir les avions voler bas au-dessus du rocher en forme de dragon à l’atterrissage.

Seongsan Ilchulbong : le pic du lever du soleil

Looking up at the dramatic cliffs of Seongsan Ilchulbong Tuff Cone, a UNESCO World Heritage site on the eastern coast of Jeju Island.
Seongsan Ilchulbong n’est pas une simple colline : c’est un chef-d’œuvre géologique. Même sans voiture, le trajet en bus vaut le détour si tu veux découvrir le « lieu de naissance » volcanique de Jeju.

S’élevant à 182 mètres au-dessus de la mer, à l’extrémité est de l’île, Seongsan Ilchulbong est sans doute le site du patrimoine mondial de l’UNESCO le plus reconnaissable de Jeju. Formé il y a environ 5 000 ans par une éruption hydrovolcanique (du magma entré en contact avec de l’eau peu profonde), il ressemble à une immense couronne verte posée sur l’océan.

L’expérience : gravir la couronne

  • La randonnée : compte 20 à 30 minutes pour grimper sur un escalier en bois bien entretenu, avec une forte pente. Ça peut faire transpirer, mais le chemin est bien aménagé.
  • Le cratère : une fois au sommet, tu ne découvriras pas un trou profond, mais un vaste bassin herbeux de 600 mètres de large. On se croirait dans un stade naturel.
  • La vue : depuis le sommet, tu aperçois en plongée l’étroite bande de terre qui relie le pic au reste de l’île, avec le bleu de l’océan Pacifique d’un côté et la ville de Seongsan de l’autre.

Réserve des excursions et des billets pour Jeju

Les sites incontournables de Jeju sont répartis sur toute l’île. Beaucoup, comme Seongsan Ilchulbong, le ferry pour Udo et les sources chaudes, proposent des visites guidées et des billets à horaire fixe qu’il vaut mieux réserver avant ton arrivée. Découvre ci-dessous les activités à faire à Jeju sur Klook.

D’île en île : découvrir Udo

A pristine white sand beach on Udo Island near Jeju, featuring turquoise water and distant volcanic cliffs.
Se détendre sur le célèbre rivage d’Udo. Ici, le sable n’en est pas vraiment : il s’agit en fait d’algues corallines qui ressemblent à de petits morceaux de pop-corn. Avec son eau cristalline, ce coin de Jeju a des airs de paradis tropical caché.

Un court trajet en ferry te mène sur l’île d’Udo, un endroit qui donne l’impression de retrouver Jeju telle qu’elle était il y a trente ans.

  • Le trajet : L’île est bien trop grande pour être parcourue à pied en un après-midi. Comme je n’avais pas mon permis international pour louer une voiture, nous avons opté pour un vélo électrique side-car à deux places. C’était assez amusant à conduire, mais c’est le meilleur moyen de sentir l’air marin sur son visage.
  • Les paysages : Udo est célèbre pour ses falaises de lave noire et ses plages de « pop-corn » blanc, formées d’algues corallines. C’est le rêve des photographes, surtout grâce au contraste entre l’eau turquoise et le sol volcanique sombre.

Les merveilles du Sud : Seogwipo-si

Nous avons concentré notre exploration sur le sud de l’île, généralement plus chaud et plus tropical que le nord.

Les cascades de Cheonjeyeon

Travel blogger Max standing before the tiered Cheonjeyeon Waterfall, also known as the Pond of God, surrounded by lush subtropical forest in Seogwipo, Jeju.
Au pied du deuxième niveau des cascades de Cheonjeyeon. L’immensité des falaises volcaniques est incroyable ; on comprend facilement pourquoi la légende raconte que des nymphes descendaient autrefois du ciel pour se baigner dans ces eaux turquoise de Jeju.

Ce chef-d’œuvre naturel se déploie sur trois niveaux. La légende raconte que sept nymphes descendent du ciel la nuit pour se baigner dans ces eaux.

  • Conseil aux voyageurs : Les cascades sont l’attraction principale, mais le pont Seonimgyo (le grand pont en arc orné de sculptures de nymphes) offre l’une des plus belles vues panoramiques sur l’océan et, au loin, sur le massif du Hallasan.

Seopjikoji et le phare

Situé à la pointe est de l’île, Seopjikoji est un littoral sauvage qui a servi de décor à de nombreux K-dramas célèbres. La montée jusqu’au phare blanc résume bien les paysages de Jeju : des murets de pierre (construits pour protéger les cultures des vents violents) et de vastes champs de fleurs jaunes.


Parenthèse détente : les sources chaudes de Sanbangsan

Après avoir passé plusieurs jours à sillonner l’île en bus, nous avons terminé notre voyage aux sources chaudes carbonatées de Sanbangsan. Cette expérience illustre le contraste coréen entre vie privée et vie publique :

  • Le jjimjilbang intérieur : ici, on respecte la tradition et on se baigne entièrement nu (les espaces sont séparés selon le sexe). C’est un lieu de détente totale, où l’on ne se soucie pas du regard des autres.
  • Les bassins extérieurs : les couples doivent porter un maillot de bain dans l’espace extérieur. Se prélasser dans les bulles carbonatées en admirant l’imposant mont Sanbangsan, en forme de cloche, est un souvenir que je n’oublierai jamais. L’eau est naturellement carbonatée et aurait des vertus bénéfiques pour la circulation : parfait pour soulager les jambes fatiguées après un week-end de découvertes.

En pratique : visiter Jeju sans voiture

Si, comme moi, tu n’as pas de permis de conduire international, pas de panique, mais prépare-toi.

  1. L’avantage du bus : tu vois des choses qui t’échapperaient en voiture. Comme tu es assis plus haut, tu peux regarder par-dessus les murets de pierre jusque dans les vergers de mandariniers.
  2. Le temps de trajet : un trajet qui prend 20 minutes en voiture peut en prendre 60 en bus.
  3. La cuisine : heureusement, Jeju regorge de bonnes adresses. Près des sites incontournables comme Cheonjeyeon, tu trouveras facilement des ragoûts de fruits de mer de qualité et le célèbre porc noir de Jeju, même sans véhicule.

FAQ sur l’île de Jeju

Où se trouve l’île de Jeju ?

Jeju est une île volcanique au large de la côte sud de la Corée du Sud, à environ une heure de vol de Séoul. C’est la destination de vacances la plus populaire du pays, connue pour ses plages, ses paysages volcaniques et Hallasan, la plus haute montagne de Corée.

Comment se rendre à Jeju ?

Le plus simple est de prendre un court vol intérieur. La liaison aérienne entre Séoul et Jeju est l’une des plus fréquentées au monde, avec des vols très fréquents et abordables. Des ferries partent aussi de ports du continent, mais le trajet est bien plus long.

Combien de jours faut-il pour visiter Jeju ?

Un long week-end de trois à quatre jours suffit pour découvrir les incontournables, comme Seongsan Ilchulbong, les cascades et la ville de Jeju. Une semaine te permettra aussi de visiter l’île d’Udo, le Hallasan et l’ouest plus tranquille de l’île.

Quelle est la meilleure période pour visiter Jeju ?

Le printemps, d’avril à juin, et l’automne, de septembre à octobre, offrent le meilleur temps. L’été est chaud, verdoyant et très fréquenté. L’hiver est doux selon les critères coréens, mais venteux.

Faut-il une voiture à Jeju ?

La voiture de location est le moyen le plus simple de se déplacer, car les transports en commun sont limités et les sites sont dispersés. Tu peux t’en sortir en bus et en taxi, mais il faut davantage planifier et prévoir plus de temps.

Quelles sont les spécialités culinaires de Jeju ?

Jeju est réputée pour son porc noir (heuk-dwaeji), les produits de la mer pêchés par les haenyeo, les plongeuses de l’île, le sabre et l’ormeau, ainsi que les mandarines cultivées partout sur l’île.

Quels sont les sites incontournables de Jeju ?

Parmi les incontournables, tu trouveras le pic du Seongsan Ilchulbong, idéal au lever du soleil, les cascades de Cheonjeyeon, l’île d’Udo, le rocher Yongduam, en forme de tête de dragon, et les dol hareubang, ces gardiens de pierre.

La suite de ton voyage se poursuit au-delà de Jeju

Les sommets volcaniques et les tunnels de lave de Jeju sont inoubliables, mais la péninsule coréenne regorge d’autres paysages très variés à découvrir. Que tu retournes sur le continent pour son histoire ou que tu cherches les meilleurs spots de surf locaux, jette un œil à ces guides :

  • Vue d’ensemble : commence par mon guide pratique de la Corée du Sud pour découvrir toutes les provinces.
  • Patrimoine royal : visite Gyeongju, l’ancienne capitale souvent surnommée « musée à ciel ouvert ».
  • Levers de soleil sur la côte est : découvre le spectaculaire littoral de Jeongdongjin, où se trouve la gare la plus proche de la mer.
  • Surf sur la côte ouest : direction Mallipo pour profiter de quelques-uns des meilleurs spots de surf et admirer le coucher de soleil sur la péninsule de Taean.
  • Une âme maritime : découvre les marchés aux poissons animés et les superbes plages de Busan.

Prêt à organiser ta prochaine étape ? Consulte ma carte complète des destinations en Corée du Sud pour voir comment tous ces endroits s’articulent et composer ton itinéraire idéal.

Auteur

  • maxintokyo

    Max vit à Tokyo, où il étudie l’informatique et continue d’explorer le monde en voyageant. Son intérêt pour les cultures du monde a façonné son parcours personnel et universitaire. Après avoir obtenu sa licence et son master en Suisse, il a passé un an en Corée du Sud en tant qu’étudiant en échange. Il a ensuite suivi un master à Waseda University, au Japon, ce qui lui a permis d’approfondir ses connaissances et d’élargir sa vision internationale.
    Max travaille aujourd’hui à Tokyo comme ingénieur logiciel senior, un poste hautement qualifié dans le secteur bancaire et financier. Son travail associe résolution de problèmes techniques et connaissances spécifiques au secteur. Il a voyagé dans plus de trente pays, une expérience concrète qui enrichit les projets auxquels il contribue.

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